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Régime GLP-1 : que manger pendant un traitement, repas par repas

Sous traitement, on mange nettement moins, alors que le corps réclame toujours autant de protéines, de vitamines et de minéraux. Toute la question est de savoir quoi mettre dans une assiette devenue plus petite.

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  • Edouard Lefevre
Régime GLP-1 : que manger pendant un traitement, repas par repas

Au bout de quelques semaines, la scène se répète : le plat arrive, on en mange la moitié, et l'on repose sa fourchette sans effort. C'est l'effet attendu du médicament. C'est aussi le moment où beaucoup tapent « régime GLP-1 » dans un moteur de recherche, parce que personne ne leur a dit quoi faire de cette demi-assiette.

La question est plus sérieuse qu'elle n'en a l'air. Quand on mange moins, tout ce qui reste dans l'assiette compte davantage. Les travaux publiés depuis deux ans disent à peu près la même chose : la quantité s'ajuste toute seule, c'est la composition des repas qui demande de l'attention.

16 à 39 %de calories en moins sous traitement, selon les études recensées en 2024
1,2 à 1,6 gde protéines par kilo et par jour, la fourchette proposée pendant la perte de poids
30 gde fibres par jour, le repère de l'ANSES

Il n'existe pas de « régime GLP-1 » officiel

Aucune autorité de santé n'a publié de régime propre aux analogues du GLP-1, et les notices d'Ozempic (sémaglutide), de Wegovy (sémaglutide) ou de Mounjaro (tirzépatide) ne contiennent pas de menu. Elles précisent que le traitement s'ajoute à un régime alimentaire et à une activité physique, sans aller plus loin.

Le vide a été comblé par des médecins et des diététiciens. En 2024, une équipe réunie autour de Jaime Almandoz et Thomas Wadden a publié dans Obesity une revue des repères nutritionnels à donner aux patients. En 2025, quatre sociétés savantes américaines, dont l'Obesity Society et l'American Society for Nutrition, ont signé un avis commun paru dans la même revue (Obesity, 2025). Ces deux textes reposent sur des avis d'experts plus que sur des essais comparant des régimes entre eux. Faute de mieux, ils servent de référence, et ce guide s'appuie sur eux.

Ce que l'on appelle « régime GLP-1 » tient donc en peu de mots : une alimentation ordinaire, dense en nutriments, servie en petites portions. Rien n'est interdit. Aucun aliment n'accélère l'effet du médicament.

Moins de place dans l'assiette, autant de besoins

Les personnes traitées mangent nettement moins : une revue parue dans Obesity Pillars, 2024 a recensé les études qui l'ont mesuré et trouve une baisse de 16 à 39 % des calories consommées. Presque aucune n'a regardé ce que contenait l'assiette.

Or les besoins en protéines, en vitamines et en minéraux ne baissent pas avec l'appétit. Un repas réduit de moitié apporte moitié moins de calcium, de fer, de vitamine B12, sauf si sa composition change. L'avis de 2025 situe la zone de vigilance en dessous de 1 200 kcal par jour chez les femmes et de 1 800 kcal chez les hommes, des seuils sous lesquels il devient difficile de couvrir ses besoins par l'alimentation seule.

Personne n'a besoin de compter ses calories pour autant. Il suffit le plus souvent de commencer par ce qui nourrit, et tant pis si l'on cale avant le pain.

Les protéines d'abord

C'est le premier conseil de tous les textes de référence, parce qu'une perte de poids rapide n'emporte pas que de la graisse. Dans la sous-étude de composition corporelle de l'essai STEP 1, la masse maigre représentait 5,3 des 13,6 kg perdus sous sémaglutide, d'après les chiffres repris par l'avis de 2025. Avec le tirzépatide, l'analyse équivalente de l'essai SURMOUNT-1 aboutit à un quart environ (Diabetes, Obesity and Metabolism, 2025). La masse maigre ne se résume pas au muscle, et nous détaillons ces chiffres dans l'article sur la perte de muscle sous traitement.

Pour un adulte en bonne santé, l'ANSES fixe la référence à 0,83 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour. Pendant une perte de poids, les experts visent plus haut. La revue de 2024 recommande au moins 60 à 75 g par jour, et l'avis de 2025 cite une fourchette de 1,2 à 1,6 g par kilo, en reconnaissant que l'on ne sait pas bien sur quel poids la calculer chez une personne en situation d'obésité.

En pratique, cela veut dire une source de protéines à chaque repas, petit-déjeuner compris, et la manger en premier, avant que la satiété n'arrive. Œufs, poisson, volaille, laitages, légumineuses, tofu : notre article sur les apports en protéines pendant la perte de poids donne les quantités aliment par aliment.

Les jours où rien ne passe, le liquide est souvent mieux toléré que le solide. Une boisson protéinée enrichie en vitamines comme celle de LYVE, qui apporte 10 g de protéines, 3,3 g de fibres et 63 kcal pour 20 g de poudre dans 200 ml d'eau, est une façon parmi d'autres d'atteindre ses apports. Un bol de fromage blanc ou un verre de lait en sont d'autres.

Fibres et eau, sans brusquer le transit

La constipation fait partie des effets indésirables très fréquents listés par la notice de Wegovy, c'est-à-dire qu'elle touche plus d'une personne sur dix.

Les fibres aident, à condition d'y aller doucement. Le repère de l'ANSES est de 30 g par jour pour un adulte, un niveau que peu de Français atteignent en temps normal. Sous traitement, mieux vaut l'approcher par paliers, avec des légumes cuits, des fruits, des flocons d'avoine, des légumineuses en petites quantités. L'avis de 2025 conseille même de limiter les aliments très riches en fibres durant les premiers jours qui suivent une augmentation de dose, quand les nausées dominent.

L'eau va avec. La revue de 2024 retient plus de 2 à 3 litres de boissons par jour. Le chiffre paraît élevé quand on mange peu, car on boit alors souvent peu aussi. Une gourde à portée de main, de petites gorgées entre les repas plutôt que de grands verres pendant, et l'on s'en approche.

Ce qui passe mal, et pourquoi

Un estomac qui se vide lentement supporte mal les repas copieux et les repas gras. La plupart des désagréments digestifs sous traitement viennent de là, et la plupart s'atténuent en ajustant le volume et la texture des repas plus qu'en supprimant des aliments.

Situation Ce qui aide en général Ce qui aggrave souvent
Nausées, surtout après une hausse de dose De petits repas plus fréquents, des aliments simples et peu gras Les fritures, les sauces riches, les grosses portions
Sensation de trop-plein S'arrêter dès la première impression de satiété, manger lentement Finir son assiette par habitude
Constipation Des fibres augmentées progressivement, de l'eau Une journée sans légume ni fruit, très peu de boissons
Reflux Un repas du soir allégé, moins d'alcool L'alcool, les repas copieux

Les conseils sur les nausées, la constipation et l'alcool figurent dans l'avis commun de 2025 ; les autres relèvent de l'expérience courante des soignants. Tous décrivent des tendances, et chacun découvre ensuite ses propres limites. Nous y revenons en détail dans l'article consacré aux nausées sous traitement.

L'alcool mérite un mot à part. Les experts recommandent de le réduire au minimum, parce qu'il peut accentuer les nausées et le reflux, et qu'il apporte des calories sans rien d'autre.

Des vomissements répétés, des douleurs abdominales intenses ou persistantes, l'impossibilité de boire : ces signes ne relèvent pas de l'assiette. Ils se signalent sans attendre au médecin.

À quoi ressemble une journée

Trois petits repas et une ou deux collations conviennent souvent mieux aux personnes traitées qu'un déjeuner et un dîner classiques. L'avis de 2025 évoque des prises régulières, à heures fixes, toutes les trois ou quatre heures pour ceux qui n'arrivent plus à manger beaucoup d'un coup.

Le matin, un fromage blanc avec des flocons d'avoine et un fruit, ou deux œufs à la coque et une tranche de pain complet. À midi, une portion de poisson ou de volaille de la taille de la paume, des légumes cuits, deux ou trois cuillerées de féculents. Dans l'après-midi, un yaourt et quelques noix. Le soir, une soupe de lentilles corail ou une omelette aux poireaux.

Pour celles et ceux qui préfèrent un plan tout fait, nous avons construit un menu sur 7 jours avec les portions, la liste de courses et l'apport en protéines de chaque journée.

Vitamines et minéraux, la vigilance discrète

Manger moins pendant des mois expose à des apports insuffisants en certains micronutriments, et les experts demandent de les surveiller. L'avis de 2025 cite le fer, le calcium, le magnésium, le zinc et plusieurs vitamines, dont la D et la B12.

La réponse tient d'abord à la variété : des laitages ou des équivalents enrichis en calcium, du poisson gras, des œufs, des légumes verts, des légumineuses, des fruits. Elle tient ensuite au suivi médical, puisque seule une prise de sang permet de savoir si un déficit existe. Notre article sur les carences pendant un traitement fait le point sur ce que les études ont réellement observé.

Le mouvement compte autant que le menu

Les protéines ne suffisent pas à garder ses muscles : il faut aussi les solliciter. Les sociétés savantes américaines recommandent d'associer au traitement un programme d'exercice structuré, avec du renforcement musculaire au moins trois fois par semaine et au moins 150 minutes d'activité d'endurance modérée.

Le renforcement n'exige pas une salle de sport : des squats, des pompes contre un mur ou des élastiques suffisent pour commencer, pourvu que l'effort soit régulier.

Le même cadre pour Ozempic, Wegovy et Mounjaro

Les repères ne changent pas d'un médicament à l'autre. Sémaglutide et tirzépatide réduisent l'appétit et ralentissent l'estomac par des voies proches, et aucun des textes de référence ne distingue les conseils alimentaires selon la molécule.

Ce qui change, c'est la situation de chacun. Une personne diabétique, une personne dont les reins fonctionnent mal, une personne âgée ou un sportif n'ont pas les mêmes besoins ni les mêmes précautions à prendre. Les quantités de protéines, en particulier, se discutent avec le médecin ou un diététicien quand on a une maladie rénale. Ce guide décrit un cadre général et ne vaut pas prescription.

Reste la suite. Le prolongement de l'essai STEP 1 a montré qu'une partie du poids revient à l'arrêt du sémaglutide (Diabetes, Obesity and Metabolism, 2022). Savoir composer une petite assiette complète est à peu près tout ce que l'on emporte avec soi.

Questions fréquentes

Quel régime suivre avec un traitement GLP-1 ?

Aucun régime particulier n'est imposé. Les experts recommandent une alimentation variée et dense en nutriments, avec une source de protéines à chaque repas, des fibres augmentées progressivement et assez d'eau. Les portions diminuent d'elles-mêmes avec l'appétit.

Quels aliments éviter sous Ozempic ou Wegovy ?

Aucun aliment n'est interdit. Les repas gras, les fritures et les grosses portions sont les plus souvent mal tolérés, surtout après une augmentation de dose. L'alcool est à réduire, car il peut accentuer les nausées et le reflux.

Combien de repas par jour faut-il faire ?

Il n'y a pas de règle. Trois petits repas et une ou deux collations, pris à heures régulières, conviennent à beaucoup de personnes qui n'arrivent plus à manger de grandes quantités. Sauter des repas complique surtout l'apport en protéines.

Que manger quand on n'a vraiment pas faim ?

De petites quantités d'aliments riches en protéines et faciles à avaler : yaourt, fromage blanc, œuf, soupe de légumineuses, poisson, boisson lactée ou protéinée. Fractionner en cinq ou six prises aide à atteindre ses apports sans se forcer.

Peut-on suivre un régime cétogène ou un jeûne intermittent pendant le traitement ?

Les textes de référence ne le recommandent pas et aucun essai ne montre d'avantage à cumuler une restriction supplémentaire. Un régime qui exclut des familles d'aliments augmente le risque d'apports insuffisants quand on mange déjà peu. La décision se prend avec le médecin.

Cet article informe, il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Ne modifiez jamais un traitement sans en parler à votre médecin.