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GLP-1 et perte de poids : combien de protéines faut-il manger ?

Entre le repère français de base et les fourchettes proposées pendant un amaigrissement, l'écart va presque du simple au double. Voici d'où viennent ces chiffres et comment les traduire en aliments.

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  • Edouard Lefevre
GLP-1 et perte de poids : combien de protéines faut-il manger ?

Prenons une personne de 80 kg. Avec le repère de l'ANSES pour un adulte en bonne santé, 0,83 g de protéines par kilo et par jour, elle a besoin d'environ 66 g. Avec la fourchette que des sociétés savantes proposent pendant une perte de poids sous GLP-1, on arrive entre 96 et 128 g. Le haut de cette fourchette représente presque le double du premier chiffre, et c'est justement quand l'appétit a fondu qu'il faudrait l'atteindre.

Les deux chiffres sont justes. Ils ne répondent simplement pas à la même question, et comprendre ce qui les sépare aide à fixer un objectif réaliste.

0,83 gpar kilo et par jour, la référence de l'ANSES pour l'adulte en bonne santé
60 à 75 gpar jour au minimum pendant le traitement, selon une revue de 2024
1,2 à 1,6 gpar kilo et par jour, la fourchette citée par l'avis d'experts de 2025

Deux repères qui ne disent pas la même chose

Le chiffre de l'ANSES décrit ce qu'il faut à un adulte dont le poids est stable pour renouveler ses tissus. L'agence retient une valeur un peu plus élevée, de l'ordre de 1 g par kilo, pour les personnes âgées.

Les fourchettes hautes concernent une autre situation, celle d'un organisme qui reçoit moins d'énergie qu'il n'en dépense. En 2024, la revue coordonnée par Jaime Almandoz dans Obesity a retenu pour les personnes traitées un apport supérieur à 60 à 75 g par jour, et de 0,8 à 1,5 g par kilo. L'année suivante, l'avis commun de quatre sociétés savantes américaines (Obesity, 2025) a cité la fourchette de 1,2 à 1,6 g par kilo proposée pendant la phase active d'amaigrissement.

Il faut dire ce que valent ces chiffres. Aucun essai n'a encore comparé plusieurs niveaux de protéines chez des personnes sous sémaglutide ou tirzépatide. Les fourchettes viennent des études menées sur les régimes hypocaloriques et de l'avis de cliniciens. Elles sont raisonnables, pas démontrées.

Pourquoi la perte de poids sous GLP-1 réclame plus de protéines

Parce qu'en maigrissant on perd aussi du tissu maigre, et que l'on mange moins de tout, protéines comprises. Dans la sous-étude de composition corporelle de l'essai SURMOUNT-1, un quart environ du poids perdu sous tirzépatide était de la masse maigre (Diabetes, Obesity and Metabolism, 2025). Dans celle de STEP 1, sous sémaglutide, la proportion approchait 40 % d'après les chiffres repris par l'avis de 2025.

La masse maigre comprend l'eau, les organes et les os autant que le muscle, et une partie de cette perte est attendue quand le corps a moins de poids à porter. Notre article sur la perte de muscle sous traitement fait le tri. Il reste que les apports réels sont souvent bas. Une étude américaine parue en 2025 dans Frontiers in Nutrition a fait remplir un carnet alimentaire de trois jours à 69 personnes traitées : rapportée à leur poids, leur consommation de protéines était inférieure à leurs besoins.

Que peut-on en attendre ? Les protéines contribuent au maintien de la masse musculaire, c'est une allégation reconnue en Europe. Une synthèse publiée dans Advances in Nutrition en 2017 précise la portée de l'effet : pendant un régime, un apport élevé aide à conserver la masse maigre, mais il n'améliore pas la force. Pour la force, il faut de l'exercice, et surtout du renforcement musculaire.

Sur quel poids faire le calcul

Personne ne le sait vraiment, et les experts l'écrivent. Chez une personne de 120 kg, multiplier le poids réel par 1,5 donne 180 g de protéines, un objectif hors de portée avec un petit appétit, et probablement excessif.

L'avis de 2025 propose une sortie pratique : viser une quantité absolue, entre 80 et 120 g par jour, plutôt qu'un chiffre au kilo. Il fixe aussi deux bornes, ne pas descendre sous 0,4 à 0,5 g par kilo et ne pas dépasser durablement 2 g par kilo.

Pour une personne de corpulence moyenne à forte, cela dessine une cible simple : au moins 60 à 75 g les jours difficiles, 80 g ou plus quand l'appétit le permet. Les personnes qui ont une maladie des reins font exception. Chez elles, la quantité de protéines se décide avec le médecin, jamais seul.

Ce que cela représente dans l'assiette

Atteindre 80 g demande une source de protéines à chacun des trois repas et une collation qui en contient. Les ordres de grandeur ci-dessous sont calculés à partir de la table Ciqual de l'ANSES, pour des portions adaptées à un appétit réduit.

Aliment Portion Protéines (environ)
Filet de poulet poêlé 100 g 30 g
Saumon cuit 100 g 23 g
Thon au naturel, égoutté 80 g 21 g
Jambon cuit 2 tranches (90 g) 18 g
Lentilles vertes cuites 150 g 15 g
Tofu nature 100 g 15 g
Œufs durs 2 œufs (100 g) 13 g
Fromage blanc à 3 % de matière grasse 150 g 12 g
Pois chiches en conserve, égouttés 150 g 10 g
Emmental 30 g 8 g
Amandes 30 g 7 g
Yaourt nature 1 pot (125 g) 5 g

Une journée qui additionne un fromage blanc le matin, un filet de poulet à midi, un yaourt et des amandes au goûter, puis une assiette de lentilles avec un œuf le soir atteint environ 75 g. Le menu sur 7 jours décline ce principe sur une semaine entière.

Les protéines en premier, et à chaque repas

Sous traitement, la satiété arrive vite. Commencer par la viande, le poisson, l'œuf ou les légumineuses, et garder les féculents pour la fin, garantit que l'essentiel est mangé avant de caler. Répartir les apports sur la journée a la même logique : un petit-déjeuner sans protéines oblige à tout rattraper sur deux repas, ce qui devient impossible avec un estomac qui se vide lentement.

Le petit-déjeuner français, pain, beurre et confiture, est le maillon faible. Un laitage, un œuf ou une tranche de jambon le transforment sans le bouleverser.

Animales, végétales ou en poudre

Toutes comptent. L'ANSES rappelle que les protéines animales sont en général plus riches en acides aminés indispensables et un peu plus digestes, et que les protéines végétales peuvent manquer de l'un ou l'autre de ces acides aminés. Varier les sources suffit à compenser : céréales et légumineuses se complètent. Un végétarien y arrive donc, avec des portions un peu plus généreuses de légumineuses, de tofu, d'œufs et de laitages.

Les poudres et boissons protéinées ne sont pas indispensables. Elles rendent service les jours où l'on n'arrive pas à mâcher un repas, et l'avis de 2025 les mentionne comme un moyen d'atteindre ses objectifs. Une boisson protéinée enrichie en vitamines comme celle de LYVE apporte par exemple 10 g de protéines et 63 kcal pour 20 g de poudre dilués dans 200 ml d'eau. C'est l'équivalent, en protéines, d'un bol de fromage blanc de 130 g environ : une option quand l'appétit manque, à côté des aliments ordinaires.

Le reste de l'assiette, fibres, eau et micronutriments, est traité dans notre guide que manger pendant un traitement GLP-1.

Questions fréquentes

Combien de protéines par jour sous Wegovy ou Ozempic ?

Les repères publiés vont d'au moins 60 à 75 g par jour à une fourchette de 1,2 à 1,6 g par kilo de poids corporel. L'avis d'experts de 2025 propose aussi une cible plus simple, 80 à 120 g par jour, à adapter avec le médecin selon l'âge, le poids et l'état des reins.

Comment manger assez de protéines quand on n'a pas faim ?

En les plaçant au début du repas et en fractionnant : cinq ou six petites prises valent mieux que deux repas trop copieux. Les formes molles ou liquides, comme le yaourt, le fromage blanc, les œufs brouillés, les soupes de lentilles ou une boisson protéinée, passent souvent mieux.

Faut-il prendre des protéines en poudre pendant le traitement ?

Non, ce n'est pas une obligation. L'alimentation suffit quand l'appétit le permet. Les poudres sont un dépannage commode les jours où l'on mange très peu.

Trop de protéines, est-ce dangereux ?

L'ANSES n'a pas pu définir de limite supérieure de sécurité, faute de données. L'avis d'experts de 2025 conseille de ne pas dépasser durablement 2 g par kilo et par jour. En cas de maladie rénale, l'apport se décide avec le médecin.

Les protéines suffisent-elles à garder ses muscles ?

Non. Les études sur les régimes montrent qu'elles aident à conserver la masse maigre, mais que la force dépend de l'exercice. Le renforcement musculaire, plusieurs fois par semaine, est l'autre moitié de la réponse.

Peut-on couvrir ses besoins en étant végétarien ?

Oui, en combinant légumineuses, céréales, soja, œufs et laitages. Les portions de légumineuses doivent être un peu plus importantes, ce qui demande parfois de les introduire progressivement pour ménager la digestion.

Cet article informe, il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Ne modifiez jamais un traitement sans en parler à votre médecin.