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GLP-1 : c'est quoi ? L'hormone de la satiété expliquée simplement

On en parle comme d'un médicament, c'est d'abord une hormone que chacun fabrique après les repas. D'où vient le GLP-1, que fait-il dans le corps, et pourquoi a-t-il fallu le venin d'un lézard pour en tirer un traitement ?

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  • Edouard Lefevre
GLP-1 : c'est quoi ? L'hormone de la satiété expliquée simplement

Le GLP-1 est entré dans les conversations par la porte des médicaments, au point que beaucoup pensent qu'il en est un. C'est d'abord une hormone, que l'intestin de chacun d'entre nous libère plusieurs fois par jour, à chaque repas. Les traitements dont on parle tant n'en contiennent d'ailleurs pas : ils l'imitent.

Comprendre ce qu'est le GLP-1 demande de distinguer ces deux choses, l'hormone et ses copies. La première fait partie du fonctionnement normal de la digestion. Les secondes sont des molécules conçues en laboratoire, prescrites dans le diabète de type 2 et l'obésité.

30acides aminés : le GLP-1 est une très petite protéine
1 à 2 minsa demi-vie dans le sang avant d'être dégradé
1 semaineenviron, la demi-vie du sémaglutide selon l'EMA

Que veut dire GLP-1 ?

GLP-1 est l'abréviation de glucagon-like peptide-1, que l'on traduit par « peptide analogue au glucagon de type 1 ». Le nom vient de son origine : l'hormone est découpée dans la même grande molécule que le glucagon, une autre hormone qui intervient dans la régulation de la glycémie. Les deux n'ont pourtant pas le même rôle, et leurs effets sur le sucre sanguin sont opposés.

Le GLP-1 est fabriqué par les cellules L, disséminées dans la paroi de l'intestin, plus nombreuses à mesure que l'on descend vers le côlon. Elles le libèrent dans les minutes qui suivent le début du repas, en réponse aux nutriments qui passent à leur contact.

Une hormone, trois destinataires

Le GLP-1 agit principalement sur le pancréas, l'estomac et le cerveau. Au pancréas, il fait sécréter davantage d'insuline et freine le glucagon. Ce signal a une particularité précieuse, il dépend du taux de sucre : il s'exerce quand la glycémie est élevée et s'estompe quand elle redescend.

À l'estomac, il demande de ralentir. Le repas quitte l'estomac plus lentement, les nutriments arrivent dans le sang de façon plus étalée, et la sensation d'avoir mangé dure plus longtemps. Au cerveau, enfin, il participe au message de satiété, celui qui fait reposer la fourchette.

Le GLP-1 appartient à la famille des incrétines, ces hormones intestinales qui amplifient la réponse du pancréas quand le sucre arrive par la bouche plutôt que directement dans le sang. Il la partage avec le GIP, moins connu, qui a pris de l'importance avec les traitements les plus récents. La synthèse de référence sur le sujet reste celle du physiologiste danois Jens Juul Holst, parue dans Physiological Reviews, 2007.

Deux minutes, puis plus rien

À peine libéré, le GLP-1 est détruit. Une enzyme présente dans le sang et à la surface des vaisseaux, la DPP-4, le coupe en une à deux minutes. Seule une fraction de l'hormone sécrétée atteint la circulation générale sous sa forme active.

Cette brièveté a un sens : le signal est calé sur le repas et s'éteint avec lui. Elle a aussi longtemps empêché d'en faire un médicament. Injecter du GLP-1 tel quel n'aurait servi à rien, puisqu'il aurait disparu avant d'avoir agi.

Comment un lézard a ouvert la voie aux traitements

La solution est venue d'un animal du désert. En 1992, le chercheur américain John Eng décrit dans le Journal of Biological Chemistry une molécule isolée dans le venin du monstre de Gila, un gros lézard dont le nom savant est Heloderma suspectum. Cette molécule, l'exendine-4, ressemble au GLP-1, active le même récepteur et résiste bien mieux à la dégradation. Le premier médicament de la famille en est directement issu.

Les chimistes ont ensuite modifié le GLP-1 humain lui-même pour le protéger de la DPP-4 et l'accrocher à l'albumine, une protéine du sang qui lui sert de transporteur. Le liraglutide, puis le sémaglutide sont nés de ce travail. D'après son résumé des caractéristiques publié par l'EMA, le sémaglutide a une demi-vie d'environ une semaine. De deux minutes à sept jours : tout ce qui sépare l'hormone des médicaments tient dans cet écart.

Les médicaments qui imitent le GLP-1

On les appelle analogues du GLP-1, ou agonistes de son récepteur. Quatre noms reviennent le plus souvent en France.

Médicament Molécule Ce qu'elle active Indication autorisée
Ozempic Sémaglutide Récepteur du GLP-1 Diabète de type 2
Wegovy Sémaglutide Récepteur du GLP-1 Contrôle du poids en cas d'obésité, ou de surpoids avec une complication
Saxenda Liraglutide Récepteur du GLP-1 Contrôle du poids
Mounjaro Tirzépatide Récepteurs du GLP-1 et du GIP Diabète de type 2, contrôle du poids

Tous se délivrent sur prescription, le plus souvent sous forme d'injection, en complément d'une alimentation adaptée et d'une activité physique, comme le précisent leurs autorisations. Leur efficacité sur le poids a été mesurée dans de grands essais : 14,9 % de perte moyenne en 68 semaines avec le sémaglutide 2,4 mg dans STEP 1, jusqu'à 20,9 % en 72 semaines avec la dose la plus élevée de tirzépatide dans SURMOUNT-1.

Ces résultats ont un revers. La notice de Wegovy classe parmi les effets indésirables très fréquents, c'est-à-dire touchant plus d'une personne sur dix, les nausées, les vomissements, la diarrhée, la constipation, les douleurs abdominales, les maux de tête et la fatigue, surtout pendant la période d'augmentation des doses. Nous y consacrons un guide complet. Savoir si un tel traitement est indiqué, et lequel, relève d'une consultation médicale.

Le GLP-1 que l'on fabrique soi-même

Indépendamment de tout traitement, la sécrétion de GLP-1 varie selon ce que l'on mange. Les protéines la stimulent nettement. Les fibres y contribuent par l'intermédiaire du microbiote, qui les transforme en molécules auxquelles les cellules L sont sensibles. La durée du repas, le sommeil et l'activité physique jouent aussi.

L'effet reste celui d'une hormone qui vit deux minutes : un signal de satiété plus net après le repas, rien qui ressemble à l'action d'un médicament. Nous faisons le point dans notre dossier sur le GLP-1 naturel, et passons en revue les aliments qui stimulent le GLP-1 dans un article à part. Quand l'appétit est faible, une boisson protéinée enrichie en vitamines comme celle de LYVE est une façon parmi d'autres d'atteindre ses apports en protéines et en fibres.

Ce que le GLP-1 n'est pas

Il n'est pas un nutriment : aucun aliment n'en contient. Il n'est pas non plus un ingrédient. Les compléments, gouttes et patchs étiquetés « GLP-1 » n'en renferment pas, et aucun n'est autorisé en Europe à revendiquer un effet sur cette hormone. Les lettres sur l'emballage désignent une intention commerciale.

Il n'est pas davantage l'« hormone de la minceur » que décrivent certains titres. Le GLP-1 est l'un des nombreux signaux qui règlent l'appétit, avec la ghréline, la leptine, le peptide YY et d'autres. Son nom est devenu célèbre parce qu'on a su le copier. La physiologie, elle, ne se résume pas à une seule molécule.

Questions fréquentes

Que signifie GLP-1 ?

GLP-1 est l'abréviation de glucagon-like peptide-1. C'est une hormone produite par des cellules de l'intestin après les repas, qui participe à la régulation de la glycémie et à la satiété.

Le GLP-1 est-il une hormone ou un médicament ?

C'est une hormone naturelle. Les médicaments souvent appelés « GLP-1 » sont des analogues, des molécules de synthèse qui activent le même récepteur et restent actives beaucoup plus longtemps que l'hormone.

Quel est le rôle du GLP-1 dans la perte de poids ?

Le GLP-1 ralentit la vidange de l'estomac et envoie au cerveau un signal de satiété, ce qui réduit l'envie de manger. Les médicaments qui l'imitent prolongent cet effet pendant plusieurs jours, d'où les pertes de poids mesurées dans les essais cliniques.

Quels médicaments sont des analogues du GLP-1 ?

Les plus connus sont Ozempic et Wegovy (sémaglutide) et Saxenda (liraglutide). Mounjaro (tirzépatide) active à la fois le récepteur du GLP-1 et celui du GIP. Tous se délivrent sur prescription médicale.

Quelle est la différence entre Ozempic et Wegovy ?

Les deux contiennent la même molécule, le sémaglutide. Ozempic est autorisé dans le diabète de type 2, Wegovy dans le contrôle du poids, à une dose différente. Le choix de l'un ou de l'autre appartient au médecin.

Combien de temps le GLP-1 reste-t-il actif dans le corps ?

Le GLP-1 naturel est dégradé en une à deux minutes par une enzyme, la DPP-4. Les médicaments ont été conçus pour résister à cette enzyme : le sémaglutide, par exemple, a une demi-vie d'environ une semaine.

Peut-on augmenter son GLP-1 sans médicament ?

On peut en favoriser la sécrétion par des repas riches en protéines et en fibres, pris sans hâte, et par un mode de vie actif. L'effet est modeste et passager, sans rapport avec celui d'un traitement.

Cet article informe, il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Ne modifiez jamais un traitement sans en parler à votre médecin.